{"id":3540,"date":"2021-12-15T15:09:32","date_gmt":"2021-12-15T14:09:32","guid":{"rendered":"https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/?p=3540"},"modified":"2021-12-15T16:38:38","modified_gmt":"2021-12-15T15:38:38","slug":"archives-de-quarantaine-le-bilan-pres-de-3-000-documents-recoltes-aupres-du-public","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/12\/15\/archives-de-quarantaine-le-bilan-pres-de-3-000-documents-recoltes-aupres-du-public\/","title":{"rendered":"Archives de quarantaine, le bilan : pr\u00e8s de 3.000 documents r\u00e9colt\u00e9s aupr\u00e8s du public"},"content":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9e le 14 avril 2020 dans un moment particuli\u00e8rement&nbsp;in\u00e9dit qu\u2019\u00e9tait le premier confinement, l\u2019heure est venue d\u2019un premier bilan pour la plateforme Archives de quarantaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Regroupant \u00e0 l\u2019origine 24 centres et services d\u2019archives francophones et n\u00e9erlandophones, quels enseignements tirent-ils de cette initiative ? Quel est le bilan des collectes lanc\u00e9es \u00e0 travers tout le pays&nbsp;? Quel avenir pour cette plateforme maintenant que \u00ab&nbsp;l\u2019exceptionnel&nbsp;\u00bb&nbsp; est devenu \u00ab&nbsp;quotidien&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9tablir ce bilan, l\u2019AAFB a recueilli la parole d\u2019une dizaine de centres d\u2019archives, que nous tenons \u00e0 remercier ici chaleureusement pour leur disponibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"uagb-heading-text has-background\" style=\"background-color:#a1cadb\">1. <strong style=\"font-size: inherit;\"><u>La collecte&nbsp;: se lancer dans \u00ab&nbsp;l\u2019archivage du pr\u00e9sent&nbsp;\u00bb<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En Belgique le confinement a d\u00e9marr\u00e9 le 18 mars 2020. La plateforme Archives de quarantaine \u00e9tait lanc\u00e9e <a href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/pourquoi-ce-site\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">d\u00e8s le 14 avril<\/a>, incitant les centres et services d\u2019archives \u00e0 collecter la m\u00e9moire de ce moment. Puis chacun s\u2019est lanc\u00e9 au fur et \u00e0 mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour certains d\u00e8s le mois d\u2019avril les collectes \u00e9taient lanc\u00e9es, comme \u00e0 l\u2019IHOES (Institut d\u2019histoire ouvri\u00e8re, \u00e9conomique et sociale)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Il nous a sembl\u00e9 important de collecter des interviews et documents faisant le lien entre des th\u00e9matiques que nous investissons r\u00e9guli\u00e8rement (histoire ouvri\u00e8re, syndicalisme, immigration, \u00e9ducation, sant\u00e9) et la p\u00e9riode de pand\u00e9mie que nous traversions, <strong>garder des traces qui sinon seraient vite perdues<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/em>, raconte par exemple Lionel Vanvelthem, archiviste. Idem pour le Carhop (Centre d\u2019animation et de recherche en histoire ouvri\u00e8re et populaire), <em>\u00ab&nbsp;toute l&#8217;\u00e9quipe a \u00e9t\u00e9 mise sur le coup. Il nous paraissait essentiel de conna\u00eetre comment les organisations partenaires (du secteur de l&#8217;\u00e9ducation permanente) affrontaient cette p\u00e9riode de crise dans leur travail avec leurs publics&nbsp;\u00bb, <\/em>indique Fran\u00e7ois Welter son directeur.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re les AML (Archives et mus\u00e9e de la litt\u00e9rature) se sont lanc\u00e9s dans la foul\u00e9e de la plateforme, <em>\u00ab&nbsp;c&#8217;\u00e9tait une mani\u00e8re de s&#8217;inscrire dans un mouvement de conservation de traces d&#8217;un moment unique<\/em>&nbsp;\u00bb explique Laurence Boudart sa directrice. <em>\u00ab&nbsp;Ce sont des p\u00e9riodes o\u00f9, en tant qu&#8217;archiviste, vous vous rendez rapidement compte que <strong>quelque chose d&#8217;historique se passe<\/strong>. Que si nous ne saisissons pas d\u00e8s maintenant certaines pages web et d\u2019autres canaux d&#8217;information num\u00e9rique, ils risquent de ne pas \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9s, ils seront perdus \u00e0 jamais comme source historique pour cette p\u00e9riode particuli\u00e8re&nbsp;\u00bb,<\/em> ajoute Willem Vanneste dans <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.abd-bvd.be\/nl\/materialen-voor-documentatie\/2020-3-4\/\" target=\"_blank\">un article<\/a> publi\u00e9 sur le site de l\u2019Association belge de documentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Etopia, dont la mission d\u2019archivage concerne pour 80% le parti Ecolo, la possibilit\u00e9 \u00e9tait enthousiasmante de pouvoir archiver en direct le travail d\u2019un parti politique &nbsp;: &nbsp;<em>\u00ab On a lanc\u00e9 une collecte apr\u00e8s les premiers jours de sid\u00e9ration. Le parti a commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur le &#8220;monde d&#8217;apr\u00e8s&#8221;, il y a eu une grande discussion en ligne qui remontait ensuite pour faire des propositions politiques, et tout ce travail-l\u00e0 a \u00e9t\u00e9 archiv\u00e9. Cela peut \u00eatre repr\u00e9sentatif de ce qu\u2019un parti politique a fait \u00e0 ce moment-l\u00e0, c&#8217;est int\u00e9ressant de voir \u00e0 la fois le c\u00f4t\u00e9 un peu sid\u00e9r\u00e9 de ce qui se passe, mais aussi presque &#8220;l&#8217;opportunit\u00e9&#8221; de ce que pourrait \u00eatre ce confinement&nbsp;\u00bb,<\/em> explique Szymon Zareba du centre d\u2019archives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Il a fallu modifier notre regard sur notre m\u00e9tier \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette d\u00e9marche d\u2019archiver le moment pr\u00e9sent n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9vidente de prime abord pour tous. <em>\u00ab&nbsp;Habituellement, les services d\u2019archives re\u00e7oivent des fonds, ils ne les constituent pas<\/em>. (\u2026) <em>Il a fallu modifier notre regard sur notre m\u00e9tier&nbsp;\u00bb, <\/em>explique Nicolas Bruaux chef&nbsp;du service gestion documentaire et archives de Namur, o\u00f9 l\u2019\u00e9quipe a lanc\u00e9 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/01\/28\/memoire-de-quarantaine-a-namur-mise-en-place-et-premier-bilan\/\" target=\"_blank\">le projet \u00ab&nbsp;M\u00e9moires de quarantaine&nbsp;\u00bb en juin 2020<\/a>. Ce constat \u00e9tait \u00e9galement partag\u00e9 aux AML comme nous l\u2019explique Laurence Boudart&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Au d\u00e9but je pense que l&#8217;\u00e9quipe \u00e9tait un peu d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9e par l&#8217;initiative. C&#8217;est rare que nous soyons nous-m\u00eames \u00e0 l&#8217;aff\u00fbt ou en demande d&#8217;archives en direct, <strong>d&#8217;habitude les archives viennent \u00e0 nous presque &#8216;spontan\u00e9ment&#8217;<\/strong>. Et puis c&#8217;\u00e9tait un archivage du moment pr\u00e9sent, c&#8217;est vraiment diff\u00e9rent de ce qu&#8217;on fait d&#8217;habitude parce que m\u00eame s\u2019il nous arrive d&#8217;avoir des archives d&#8217;auteurs contemporains on est quand m\u00eame sur des choses nettement plus patrimoniales donc anciennes&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre dans une d\u00e9marche active de collecte a donc questionner le r\u00f4le des archivistes. Ce dernier peut en effet \u00eatre per\u00e7u comme la personne qui conserve et non qui cherche elle m\u00eame les archives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>2.933 documents collect\u00e9s, pour l\u2019essentiel num\u00e9riques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019ils se sont lanc\u00e9s, les services et centres ont mis en place de nombreux outils pour r\u00e9colter la m\u00e9moire&nbsp;: ouverture de bo\u00eetes mails sp\u00e9cifiques, formulaires de d\u00e9p\u00f4t en ligne, questionnaires sur la vie quotidienne durant le confinement, questionnaires pour les \u00e9coliers, mais \u00e9galement questionnaires par secteurs professionnels. En communiquant surtout via leurs sites Internet, pages Facebook ou par l\u2019envoi de newsletters plus ou moins cibl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Des contributions tr\u00e8s vari\u00e9es&nbsp;leur sont alors parvenues : photos, dessins, lettres, documents, vid\u00e9os, masques peints, etc. Au total et d\u2019apr\u00e8s ce premier bilan effectu\u00e9 par l\u2019AAFB, pr\u00e8s de 3.000 documents, en tr\u00e8s grande majorit\u00e9 num\u00e9riques, ont \u00e9t\u00e9 ainsi r\u00e9colt\u00e9s aupr\u00e8s du public.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<div class=\"wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-block-column\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p class=\"has-text-align-left has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#ffbdbd\"><strong>Les grands chiffres de la collecte&nbsp;:<\/strong><br>24 centres d\u2019archives\/services participants (16 francophones, 8 n\u00e9erlandophones) &nbsp;<br>&#8211; 2.933 documents r\u00e9colt\u00e9s aupr\u00e8s des publics et institutions (selon les chiffres parfois pr\u00e9cis ou parfois estim\u00e9s donn\u00e9s par 11 centres et services)<br>&#8211; environ 4.000 documents r\u00e9colt\u00e9s en ligne&nbsp;(500 fichiers de pages Facebook, 3.500 fichiers de site web)<br>&#8211; 2.800 documents r\u00e9colt\u00e9s sur le fonctionnement sous Covid eu sein des archives de l\u2019Etat<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Lassitude d\u00e8s le deuxi\u00e8me confinement&nbsp;: \u00ab&nbsp;On n\u2019a envie que d&#8217;une chose c&#8217;est d&#8217;en sortir&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;L\u2019essentiel pour le premier confinement&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;: cette pr\u00e9cision revient dans pratiquement tous les centres et services d\u2019archives interrog\u00e9s. Le premier confinement a en effet \u00e9t\u00e9 un moment absolument unique, hors du temps pour de nombreuses personnes. &nbsp;Ainsi la p\u00e9riode entre mars 2020 et juin 2020 est celle o\u00f9 le public a \u00e9t\u00e9 le plus r\u00e9ceptif \u00e0 la d\u00e9marche de collecte.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, pour certains, les centres et services d\u2019archives ont eux-m\u00eames ax\u00e9 le travail sur cette p\u00e9riode comme l\u2019explique Fran\u00e7ois Welter au Carhop&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;On s\u2019est fortement focalis\u00e9 sur le premier, car c&#8217;\u00e9tait nouveau, \u00e7a disait quelque chose d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne de crise structurelle beaucoup plus profond.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais la plupart du temps c\u2019est aussi qu\u2019une sorte de lassitude s\u2019est install\u00e9e au fil des mois&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Plus le temps passait et moins les personnes voulaient encore entendre parler du Covid-19. Parler de l\u2019aspect exceptionnel d\u2019un confinement alors qu\u2019on en vit un second, ou parler du choc d\u2019une crise sanitaire quand elle dure finalement plus de six mois a moins de sens pour les gens&nbsp;\u00bb<\/em> , explique-t-on aux Archives de Namur. D\u00e8s le deuxi\u00e8me confinement, en novembre 2020, <strong>l\u2019\u00e9v\u00e8nement est devenu plus \u00ab&nbsp;banal&nbsp;\u00bb et est malheureusement entr\u00e9 dans le quotidien<\/strong>, des individus mais \u00e9galement des institutions et donc de leurs archives.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant les centres et services ont globalement continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9colter des documents, mais de mani\u00e8re beaucoup moins soutenue, parfois plus priv\u00e9e (les archivistes faisant <a href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/11\/08\/fragment-1-les-autocollants-dans-la-rue-pour-garder-trace-des-petites-oppositions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">eux-m\u00eames des photos<\/a> par exemple), et pour ceux qui ont relanc\u00e9 les collectes avec des retours quasi inexistants.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Nous n\u2019avons pas relanc\u00e9 le processus de collecte car il y a une forme d&#8217;\u00e9puisement. La communaut\u00e9 en a marre, et n\u2019a envie que d&#8217;une chose c&#8217;est d&#8217;en sortir&nbsp;! \u00bb,<\/em> explique par exemple V\u00e9ronique Fillieux archiviste de l\u2019Universit\u00e9 catholique de Louvain. <em>\u00ab&nbsp;Nous avons fait quelques impulsions de personne \u00e0 personne, mais on s&#8217;est rendu compte qu&#8217;il n&#8217;y avait plus d&#8217;\u00e9lan, que \u00e7a ne marchait plus. Donc on continue \u00e0 collecter tout ce qui est publi\u00e9 de type administratif\/normatif, par l&#8217;universit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire \u00e9galement que cela ne sert \u00e0 rien d\u2019avoir trop de fois la m\u00eame chose, comme l&#8217;explique Sara Tavares-Gouveia aux Archives de la Ville de Bruxelles&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Comme nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9norm\u00e9ment de photos, \u00e7a ne nous apporte plus rien d\u2019en prendre d\u2019autres, en g\u00e9n\u00e9ral c&#8217;est toujours la m\u00eame chose, les rues vides, les magasins ferm\u00e9s. C&#8217;est toute la question de se dire&nbsp;: est-ce qu&#8217;on conserve ou pas ? Qu&#8217;est-ce que \u00e7a va apporter de plus ?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-background\" style=\"background-color:#a1cadb\">2. <strong><u>L\u2019archiviste collecteur mais aussi cr\u00e9ateur d\u2019archives<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour pallier parfois au manque de retour lors des collectes, ou simplement parce que c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans leurs habitudes, certains centres et services d\u2019archives se sont lanc\u00e9s dans la collecte de t\u00e9moignages oraux via des interviews.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<p class=\"has-text-align-right\">A lire aussi : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2020\/06\/26\/limportance-des-archives-orales-pour-ecrire-lhistoire\/\" target=\"_blank\">L&#8217;importance des archives orales pour \u00e9crire l&#8217;Histoire<\/a><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ce dont nous sommes le plus fier ce sont <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/04\/21\/la-fgtb-pendant-le-premier-confinement-une-collecte-de-temoignages-oraux-initiees-par-lihoes\/\" target=\"_blank\">les collectes de t\u00e9moignages<\/a> faites en interne<\/em>&nbsp;\u00bb, explique Lionel Vanvelthem de l\u2019IHOES. Au sein de l\u2019institut, ils ont ainsi men\u00e9 plus de 30 interviews, de syndicalistes, d&#8217;associations de lutte contre la pauvret\u00e9, d&#8217;association d\u2019\u00e9ducation permanente, de travailleurs des h\u00f4pitaux, &#8230; sur la fa\u00e7on dont ils menaient leur militantisme, ou autre, pendant cette crise. De la m\u00eame mani\u00e8re, la Ville de Namur a commenc\u00e9 en juillet 2021 \u00e0 r\u00e9colter la parole \u00e0 la fois de d\u00e9cideurs (le bourgmestre, le commissaire de police, le commandant des pompiers, la responsable du plan d&#8217;urgence, la directrice g\u00e9n\u00e9rale, etc.) mais aussi de personnes qui ont vu leur emploi fortement modifi\u00e9 par la crise, par exemple le responsable de la cellule cimeti\u00e8re\/d\u00e9c\u00e8s, le concierge de la citadelle ou un fossoyeur. <em>\u00ab&nbsp;Je pense que <strong>nous avons toutes et tous \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s par les t\u00e9moignages oraux<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/em>, commente Fran\u00e7oise Canart du service des archives de Namur, et par exemple par les interviews concernant la gestion du sans-abrisme pendant la crise, une probl\u00e9matique importante de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Carhop \u00e9tant \u00e9galement sp\u00e9cialis\u00e9 dans la collecte de m\u00e9moire orale, l\u2019\u00e9quipe y a par exemple r\u00e9alis\u00e9 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2020\/06\/03\/paroles-deducatrices-et-deducateurs-en-periode-de-confinement\/\" target=\"_blank\">une s\u00e9rie d\u2019interviews d\u2019\u00e9ducateurs-\u00e9ducatrices<\/a> <em>\u00ab&nbsp;avec de tr\u00e8s difficiles r\u00e9alit\u00e9s de travail, car ces gens n&#8217;\u00e9taient pas en t\u00e9l\u00e9travail mais en pr\u00e9sentiel \u00e0 devoir g\u00e9rer directement les effets de la crise&nbsp;\u00bb<\/em>, indique Fran\u00e7ois Welter. Des entretiens oraux ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s aux Archives et mus\u00e9e de la litt\u00e9rature ou sont en cours de pr\u00e9paration <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/05\/06\/memoire-de-confinement-a-mons-un-an-de-travail\/\" target=\"_blank\">du c\u00f4t\u00e9 des Archives de Mons<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mener des interviews n\u2019est pas chose ais\u00e9e. L\u2019archiviste doit d\u2019abord pr\u00e9parer les questions, ce qui lui a parfois pris du temps. Dans le cadre de la pand\u00e9mie, les archivistes ont souhait\u00e9 mener les interviews rapidement pour que le t\u00e9moignage refl\u00e8te au mieux la r\u00e9alit\u00e9 et le v\u00e9cu des citoyens, sans trop de recul qui peut entra\u00eener davantage d\u2019analyse sur la situation. Mais trouver ce bon moment pour collecter la m\u00e9moire orale n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 facile car les citoyens, qui vivaient d\u00e9j\u00e0 la crise 24h\/24h, ne souhaitaient pas toujours en parler.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Archiver le web, selon les moyens techniques et humains de chacun<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Autre mani\u00e8re de cr\u00e9er des archives&nbsp;: l\u2019archivage du web. Virginien Horge, archiviste de la ville de Mons, a \u00e9crit <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2020\/04\/22\/tutoriel-enregistrer-une-page-web-avec-singlefile\/\" target=\"_blank\">plusieurs articles \u00e0 ce sujet<\/a> sur la plateforme, afin de proposer des outils pour archiver le web. A Mons, ils ont par exemple archiv\u00e9 depuis le d\u00e9but de la crise les pages Facebook de la ville et du Bourgmestre, avec l\u2019id\u00e9e de conserver d\u2019une autre mani\u00e8re <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/12\/06\/fragment-2-archiver-facebook-pour-conserver-letat-desprit-des-gens\/\" target=\"_blank\">\u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des gens&nbsp;\u00bb<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le Centre d&#8217;Archives et de Recherches pour l&#8217;Histoire des Femmes (AVG-Carhif) a par exemple collect\u00e9&nbsp;les donn\u00e9es de 15 sites d&#8217;associations de femmes. Aux AML, une archiviste \u00e9tait charg\u00e9e de rep\u00e9rer dans la presse ou sur les blogs des textes \u00e9manant d&#8217;\u00e9crivains qui parlaient de leur exp\u00e9rience de la quarantaine. Aux archives de la Ville de Bruxelles,&nbsp;ils ont \u00e9t\u00e9 proactifs en allant collecter par eux-m\u00eames sur le web (YouTube, Facebook, pages internet,\u2026) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2020\/04\/07\/collecte-de-documents-et-temoignages-de-la-vie-en-confinement-pandemie-coronavirus\/\" target=\"_blank\">tout ce qui concernait Bruxelles<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Faute de moyens humains et financiers, les services et les centres d\u2019archives priv\u00e9es n\u2019ont pas tous la m\u00eame maturit\u00e9 dans l\u2019archivage des donn\u00e9es num\u00e9riques et particuli\u00e8rement dans l\u2019archivage du web. Les aspects techniques ont parfois pos\u00e9 des soucis ou de nombreuses questions&nbsp;: que fait-on avec les petites vid\u00e9os Facebook&nbsp;? Comment est-ce qu&#8217;on les conserve&nbsp;? Est-ce qu&#8217;on est dans le bon format&nbsp;? Est-ce qu&#8217;on va pouvoir conserver \u00e7a longtemps parce que ce sont des formats tr\u00e8s vite \u00e9cras\u00e9s&nbsp;? De plus, l\u2019espace de stockage et le manque d\u2019outils pour la conservation \u00e0 long terme ont \u00e9galement frein\u00e9 certains archivistes. Plusieurs centres et services d\u00e9plorent d\u2019ailleurs plus globalement de n\u2019avoir pas les moyens n\u00e9cessaires pour l\u2019archivage \u00e9lectronique, alors que la grande majorit\u00e9 des documents collect\u00e9s pendant cette crise sont num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Maintenant qu\u2019on a eu cette d\u00e9marche-l\u00e0, va-t-on le faire \u00e0 chaque crise&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette question d\u2019archiver le web n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible pour tous. A Namur, le service informatique de la ville \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien trop occup\u00e9 par la mise en t\u00e9l\u00e9travail des 800 employ\u00e9s administratifs, donc le service des archives n\u2019a pas pu le solliciter. <em>\u00ab&nbsp;Et puis \u00e7a posait aussi la question&nbsp;: o\u00f9 est la limite&nbsp;? La fronti\u00e8re ne s\u2019arr\u00eate pas, le web c\u2019est extr\u00eamement vaste&nbsp;\u00bb<\/em>, fait remarquer Amandine Mathy du Centre de ressources historiques namuroises.<\/p>\n\n\n\n<p>Les archivistes ont donc \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 s\u2019interroger sur leur r\u00f4le&nbsp;: simple collecteur ou \u00e9galement cr\u00e9ateur d\u2019archives lorsque des traces risquent sinon de dispara\u00eetre&nbsp;? <em>\u00ab&nbsp;Pour nous c\u2019\u00e9tait in\u00e9dit de collecter des archives et en quelque sorte de les produire. Mais&nbsp;maintenant qu\u2019on a eu cette d\u00e9marche-l\u00e0, proactive, va-t-on le faire \u00e0 chaque crise&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui est suffisamment grave, suffisamment in\u00e9dit ou historique pour engager cette d\u00e9marche-l\u00e0&nbsp;? Si nous devions commencer aujourd\u2019hui nous nous dirions peut-\u00eatre que la crise Covid est moins exceptionnelle que ce que l\u2019on croit, car nous pensions vivre un instant T alors que finalement cela va faire deux ans\u2026&nbsp;\u00bb,<\/em> ajoute Amandine Mathy \u00e0 Namur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">C\u2019est justement en se posant ces questions<br>que l\u2019AAFB vient de lancer une nouvelle section sur la plateforme<br><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/https :\/\/archivesquarantainearchief.be\/fr\/category\/autres-crises\/\" target=\"_blank\">intitul\u00e9e \u00ab Autres crises \u00bb<\/a><br>afin de sensibiliser \u00e0 garder des traces d\u2019autres p\u00e9riodes de crise<br>comme celle des inondations de l\u2019\u00e9t\u00e9 2021.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-background\" style=\"background-color:#a1cadb\">3. <strong><u>Comment classer et valoriser les documents&nbsp;r\u00e9colt\u00e9s ?<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Et maintenant que faire de toute cette mati\u00e8re r\u00e9colt\u00e9e&nbsp;? A l\u2019universit\u00e9 de Li\u00e8ge par exemple, Marie-Elisabeth Henneau \u00e9num\u00e8re quelques exemples de documents re\u00e7us : un mail de doyen de la facult\u00e9 \u00e0 propos des mesures \u00e0 prendre pour l&#8217;enseignement \u00e0 distance, le ressenti musical d&#8217;un compositeur de la section musicologie, des photos insolites sur la d\u00e9sertification du campus ou sur les astuces que chacun a pu mettre en place pour disposer son ordinateur au mieux pour une visioconf\u00e9rence<em>. \u00ab&nbsp;Un peu de tout mais en tr\u00e8s petite quantit\u00e9 pour le moment, donc on ne peut pas encore organiser quoi que ce soit&nbsp;\u00bb<\/em>, ajoute-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Des collectes difficiles \u00e0 inventorier, des contextes \u00e9pineux \u00e0 \u00e9crire <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Autre exemple \u00e0 l\u2019IHOES, Lionel Vanvelthem d\u00e9taille les documents rassembl\u00e9s&nbsp;: des photographies, des photos d&#8217;ours aux fen\u00eatres, des photos de la ville de Li\u00e8ge d\u00e9sert\u00e9e, des photos de sc\u00e8ne de vie quotidienne, beaucoup de tracts et archives num\u00e9riques de leurs partenaires habituels (FGTB, syndicats, mutuelles), des publicit\u00e9s avec les messages marketing particuliers en cette p\u00e9riode, etc. <em>\u00ab&nbsp;C\u2019est vraiment tr\u00e8s disparate, ce ne sont vraiment pas des fonds d&#8217;archives. En archivistique on a tendance \u00e0 vouloir faire des fonds coh\u00e9rents, structur\u00e9s, avec une m\u00eame provenance. Ici on ne sait pas le faire, donc on se dirige vers ce qu&#8217;on appelle plut\u00f4t une collection, une collection de choses qui ne se ressemblent pas vraiment&nbsp;\u00bb.<\/em> C&#8217;est maintenant la principale difficult\u00e9 : comment classer ces documents ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e, \u00e9voqu\u00e9e par l\u2019AAFB comme un objectif \u00e0 plus long terme,<br>de rassembler virtuellement et logiquement l\u2019ensemble de ces collectes,<br>de cr\u00e9er des ensembles plus coh\u00e9rents, th\u00e9matiques,<br>pour permettre au public et aux chercheurs de les consulter.<\/p>\n\n\n\n<p>Amandine Mathy du Centre de ressources historiques namuroises soul\u00e8ve une autre difficult\u00e9 rencontr\u00e9e concernant l\u2019inventaire, et plus particuli\u00e8rement la r\u00e9daction du contexte&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;D&#8217;habitude quand nous \u00e9crivons un inventaire nous ne sommes pas en train de vivre l&#8217;\u00e9v\u00e8nement&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em> En effet en g\u00e9n\u00e9ral l&#8217;\u00e9v\u00e8nement est cl\u00f4tur\u00e9, la vie de la personne peut \u00eatre synth\u00e9tis\u00e9e, il y a un d\u00e9but et une fin. Alors comment rester objectif lorsque l\u2019archiviste vit lui-m\u00eame l\u2019\u00e9v\u00e8nement et que celui-ci est toujours en cours&nbsp;? Pourtant, au sein m\u00eame de la crise la r\u00e9daction du contexte est bien s\u00fbr importante, puisqu\u2019un t\u00e9moignage recueilli par exemple avant ou apr\u00e8s la vaccination n\u2019aura pas la m\u00eame port\u00e9e pour les chercheurs du futur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Podcast, publication, exposition virtuelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que les documents sont class\u00e9s et inventori\u00e9s, une des questions que se pose parfois l\u2019archiviste est de savoir comment les valoriser.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019IHOES par exemple, un podcast a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/2021\/04\/21\/la-fgtb-pendant-le-premier-confinement-une-collecte-de-temoignages-oraux-initiees-par-lihoes\/\" target=\"_blank\">La FGBT pendant le premier confinement<\/a> et un webinaire a eu lieu autour de ces t\u00e9moignages. D\u2019autres interviews doivent encore \u00eatre retravaill\u00e9es pour \u00eatre valoris\u00e9es sous forme de podcast, de d\u00e9bats publics ou int\u00e9gr\u00e9es sur la plateforme <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.memoire-orale.be\/\" target=\"_blank\">M\u00e9moire orale<\/a>. Au Carhop, une publication est en pr\u00e9paration \u00e0 partir de la s\u00e9rie d\u2019interviews r\u00e9alis\u00e9es, doubl\u00e9e d\u2019un travail d\u2019analyse montrant que la crise n\u2019a fait qu\u2019exacerber toute une s\u00e9rie d\u2019in\u00e9galit\u00e9s pr\u00e9existantes. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A Namur, une discussion en interne a eu lieu sur la valorisation&nbsp;: quand est-ce qu&#8217;on valorise&nbsp;? Comment&nbsp;? Apr\u00e8s combien de temps&nbsp;? Est-ce que les t\u00e9moignages doivent \u00eatre anonymes ou pas&nbsp;? Est-ce que les gens ont vraiment envie qu&#8217;on diffuse leurs contributions ? Ces questions ont pu faire d\u00e9bat au sein de l\u2019\u00e9quipe. Pour un projet p\u00e9dagogique qui a finalement \u00e9t\u00e9 avort\u00e9 \u00e0 cause d\u2019un \u00e9ni\u00e8me confinement, l\u2019\u00e9quipe avait copi\u00e9 et anonymis\u00e9 toutes les archives num\u00e9riques r\u00e9colt\u00e9es, qui sont donc consultables actuellement sur les ordinateurs de la biblioth\u00e8que, tandis que le service de Namur pr\u00e9voit de mettre un terme \u00e0 la collecte Covid en cette fin d\u2019ann\u00e9e 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Parmi les projets de l\u2019AAFB en 2022 :<br>une valorisation de ces collectes sous la forme d\u2019une exposition virtuelle.<br>Contactez-nous si vous d\u00e9sirez y participer !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-background\" style=\"background-color:#a1cadb\">4. <strong><u>Quels enseignements tirer de ces collectes&nbsp;?<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de 3.000 documents rassembl\u00e9s aupr\u00e8s du public, sans compter l\u2019archivage du web et les documents institutionnels&nbsp;: le bilan commun semble enthousiasmant, mais \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des centres ou services, certains ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le bilan est bien maigre&nbsp;\u00bb<\/em>, indique-t-on par exemple au Carhop, <em>\u00ab les organisations n&#8217;avaient pas du tout la pr\u00e9servation de la m\u00e9moire Covid dans leurs pr\u00e9occupations imm\u00e9diates. Il faut dire que certaines, vu l\u2019ampleur de la crise, en sont revenues \u00e0 devoir livrer des colis alimentaires aupr\u00e8s de leurs publics, chose qu&#8217;elles n&#8217;avaient plus faite depuis des d\u00e9cennies\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><em>\u00ab&nbsp;<\/em>Les gens n&#8217;ont pas compris que ce qu&#8217;ils produisent est d\u00e9j\u00e0 une archive<em> \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Certains pointent la difficult\u00e9 \u00e0 int\u00e9resser le public \u00e0 cette collecte sur le Covid, alors que pour de pr\u00e9c\u00e9dentes collectes ils avaient eu davantage de retours du public. <em>\u00ab&nbsp;Par exemple pour une exposition sur la gr\u00e8ve des ouvri\u00e8res de la Fabrique nationale d\u2019armes de guerre de Herstal (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab&nbsp;FN Herstal&nbsp;\u00bb) en 1966, l&#8217;exposition avait lieu 50 ans plus tard en 2016&nbsp;\u00bb<\/em>, indique Lionel Vanvelthem \u00e0 l\u2019IHOES. &nbsp;Mais sans doute que les 50 ann\u00e9es de recul avaient justement permis au public de consid\u00e9rer cet \u00e9v\u00e8nement comme de l\u2019Histoire, alors que pour la crise que nous traversons <em><em>\u00ab&nbsp;<\/em>les gens n&#8217;ont pas compris que ce qu&#8217;ils produisaient \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une archive<em>&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Autre exemple aux archives de la ville de Bruxelles, Sara Tavares-Gouveia raconte&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Nous avions d\u00e9couvert en ligne une lettre ouverte d&#8217;un m\u00e9decin aux citoyens belges confin\u00e9s, nous l\u2019avions contact\u00e9 pour savoir si nous pouvions la conserver, il nous a r\u00e9pondu &#8216;si vous n\u2019avez que \u00e7a \u00e0 faire et que \u00e7a vous amuse, mais je m&#8217;en fous&#8217;&nbsp;\u00bb<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On peut donc se poser la question de savoir si le projet Archives de Quarantaine a permis aux archivistes de<strong> sensibiliser \u00e0 leur m\u00e9tier&nbsp;?<\/strong> La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est complexe. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les citoyens interrogeaient les archivistes sur ce qu\u2019ils allaient faire des documents, ce qui montre bien que<em> \u00ab&nbsp;les gens ne connaissent pas notre m\u00e9tier, parce que notre m\u00e9tier n\u2019est pas d\u2019exposer, mais de conserver les traces de l&#8217;Histoire&nbsp;\u00bb,<\/em> indique-t-on \u00e0 Namur. Cela a donc permis aux archivistes d\u2019expliquer leur r\u00f4le et leurs missions, surprenant parfois le public lorsque celui-ci d\u00e9couvrait que des archivistes existaient partout dans la soci\u00e9t\u00e9, et qu\u2019ils \u00e9taient tous en train de collecter les traces de cette crise, ailleurs que dans leur cave !<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour certains le constat est plus amer, et difficile de d\u00e9faire le secteur de ses st\u00e9r\u00e9otypes&#8230; Les archives n\u2019\u00e9tant pas du tout la priorit\u00e9 num\u00e9ro un des politiques, le public ne sait pas non plus qu\u2019elles existent, conduisant \u00e0 un manque de moyen et de reconnaissance pour le secteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">A lire aussi : <a href=\"https:\/\/www.archivistes.be\/single-post\/la-pr%C3%A9servation-du-patrimoine-documentaire-ou-l-amn%C3%A9sie-du-monde-francophone-belge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la carte blanche de l&#8217;AAFB pour interpeller le monde politique<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;La collecte Covid passe apr\u00e8s tout le reste&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les difficult\u00e9s \u00e9voqu\u00e9es notons \u00e9galement un manque de temps pour cette mission, dans des services d\u00e9j\u00e0 bien occup\u00e9s par les t\u00e2ches habituelles, surtout lorsqu\u2019en plus elles \u00e9taient modifi\u00e9es par le t\u00e9l\u00e9travail&nbsp;: certains services ont par exemple du num\u00e9riser les archives pour des employ\u00e9s confin\u00e9s chez eux. Puis les mois sont pass\u00e9s, les missions quotidiennes ont repris (ou ne s\u2019\u00e9taient jamais arr\u00eat\u00e9es), d\u2019autres dossiers se sont mis \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 et \u00ab&nbsp;<em>actuellement on est compl\u00e8tement d\u00e9bord\u00e9s, la collecte Covid passe apr\u00e8s tout le reste&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aux archives de Bruxelles, ce n\u2019est plus du tout la priorit\u00e9 non plus. La collecte Covid avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e dans la m\u00eame vague que la r\u00e9colte de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/archives.bruxelles.be\/attentats-22032016\" target=\"_blank\">la m\u00e9moire des attentats<\/a>, mais n\u2019est qu\u2019un \u00ab&nbsp;plus&nbsp;\u00bb pour le service qui se recentre dor\u00e9navant sur sa mission premi\u00e8re de conserver la m\u00e9moire de l&#8217;administration de Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019universit\u00e9 de Li\u00e8ge \u00e9galement, on pointe un grand enthousiasme \u00e0 l\u2019accueil de la collecte, <em>\u00ab&nbsp;surtout de la part des enseignants et chercheurs qui voyaient bien l\u2019int\u00e9r\u00eat de la chose, mais disaient \u2018on n&#8217;a pas le temps\u2019. Il y a quand m\u00eame un personnel totalement \u00e9puis\u00e9 par les remous, les secousses, les cons\u00e9quences de la crise sanitaire&nbsp;\u00bb<\/em> et beaucoup de promesses d\u2019envoyer des documents qui n\u2019ont pas (encore) \u00e9t\u00e9 tenues. <em>\u00ab Mais on ne d\u00e9sesp\u00e8re pas, <strong>tout le monde a des choses dans ses ordinateurs, ses tiroirs&nbsp;! <\/strong>\u00bb <\/em>ajoute Marie-Elisabeth Henneau.<\/p>\n\n\n\n<p>Et quand en plus une autre crise s\u2019en m\u00eale\u2026 A l\u2019universit\u00e9 de Louvain, <em>\u00ab&nbsp;on devait recevoir le journal d\u2019une \u00e9tudiante, mais le journal a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 lors des inondations de juillet 2021&#8230;&nbsp;\u00bb<\/em> explique V\u00e9ronique Fillieux. <em>\u00ab&nbsp;C&#8217;est vraiment triste, cette \u00e9tudiante l&#8217;avait mal v\u00e9cu, elle \u00e9tait en partie en kot, elle avait vraiment eu besoin de coucher la situation sur le papier. Cela aurait pu \u00eatre un document tr\u00e8s int\u00e9ressant, mais voil\u00e0 c&#8217;est un dommage collat\u00e9ral de plus<em>&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Une n\u00e9cessaire bo\u00eete \u00e0 outils<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux questionnements l\u00e9gaux ou administratifs ont \u00e9galement agit\u00e9 les archivistes pendant cette p\u00e9riode. Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut r\u00e9colter&nbsp;? Qu\u2019est-ce qu\u2019on doit mettre en place&nbsp;? Quel est le cadre l\u00e9gal&nbsp;? Comment faire avec le RGPD, les conventions, la valorisation&nbsp;? Pour certains c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019ils r\u00e9coltaient des archives de personnes vivantes. Les conventions \u00e0 faire signer ont d\u2019ailleurs repr\u00e9sent\u00e9 une difficult\u00e9 puisqu\u2019il a fallu souvent courir apr\u00e8s les gens et les relancer pour qu\u2019ils signent, comme si le jargon juridique des documents leur faisait peur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce constat met en lumi\u00e8re le besoin constant pour l\u2019archiviste de se former et de mettre \u00e0 jour ses connaissances. Le d\u00e9veloppement d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils est \u00e9galement une des pistes \u00e0 envisager pour l\u2019AAFB pour r\u00e9pondre aux mieux au besoins de ses membres et de la communaut\u00e9 archivistique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;C&#8217;est dommage de ne pas profiter de ces p\u00e9riodes pour <strong>mettre en place des plans d\u2019urgence<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/em>, souligne Pierre-Alain Tallier aux Archives de l\u2019Etat. <em>\u00ab&nbsp;On sera confront\u00e9 dans le futur \u00e0 d&#8217;autres types d&#8217;alertes, on l\u2019a vu avec les inondations d\u00e9j\u00e0, il faudrait avoir des formes de r\u00e9p\u00e9titions g\u00e9n\u00e9rales d&#8217;exercices catastrophes, on en parle beaucoup, par exemple apr\u00e8s les attentats, mais \u00e7a ne se fait pas, c&#8217;est l&#8217;impr\u00e9paration totale, et le bricolage permanent&nbsp;<\/em>\u00bb. L\u2019archiviste pointe \u00e9galement un souvenir de cette crise rest\u00e9 fort marqu\u00e9 dans sa m\u00e9moire lorsqu\u2019un service d\u2019archives s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 distribuer des masques (initialement pr\u00e9vus pour la lutte contre les moisissures) \u00e0 un h\u00f4pital&nbsp;! <em>\u00ab Cela participe \u00e0 une mission soci\u00e9tale des archives que nous n\u2019avions pas pr\u00e9vu au d\u00e9part ! \u00bb<\/em>, s\u2019\u00e9tonne-t-il encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Une plateforme pour sortir les professionnels de leur isolement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, si pour beaucoup les r\u00e9sultats de la collecte n\u2019ont pas forc\u00e9ment \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur du temps investi, l\u2019exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 enrichissante pour les professionnels en terme de partenariats, de m\u00e9thodologie et de mise en r\u00e9seau de comp\u00e9tences. Certains se sont contact\u00e9s apr\u00e8s avoir vu leurs travaux respectifs sur la plateforme Archives de quarantaine. <em>\u00ab&nbsp;Je suis all\u00e9e<\/em><em> voir ce qui se passait dans d&#8217;autres domaines que le n\u00f4tre, donc c&#8217;\u00e9tait une bonne porte d&#8217;acc\u00e8s vers d&#8217;autres initiatives et surtout d&#8217;autres domaines que celui avec lequel on a l&#8217;habitude de travailler&nbsp;\u00bb,<\/em> indique par exemple Laurence Boudart aux Archives et mus\u00e9e de la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains archivistes se sont sentis moins seuls gr\u00e2ce \u00e0 la plateforme. Et puis <em>\u00ab&nbsp;elle nous a permis de mettre en avant nos collectes de t\u00e9moignages, notre podcast, nos fonds et collections, notamment nos galeries, on peut voir sur notre site web que des centaines de personnes sont venues depuis Archives de quarantaine&nbsp;\u00bb,<\/em> indique Lionel Vanvelthem de l\u2019IHOES. La mise en valeur des t\u00e9moignages sonores sur la plateforme \u00e9tait aussi int\u00e9ressante pour les personnes qui ont accept\u00e9 de t\u00e9moigner.<\/p>\n\n\n\n<p><em><em>\u00ab&nbsp;<\/em>C&#8217;est tr\u00e8s bien que cette plateforme existe parce que \u00e7a arrose un peu les couleurs de l&#8217;archiviste, qui n&#8217;est pas qu\u2019en bout de course dans sa cave \u00e0 collecter des documents\u2026 Il y a vraiment <strong>un service \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, un souci du collectif, du partage, pour le temps long.<\/strong> Nous devons \u00eatre l\u00e0 pour rappeler la chose, car comme les gens en ont marre, tr\u00e8s vite on passe \u00e0 autre chose. Mais si nous n\u2019archivons pas, nous ne garderons pas la m\u00e9moire. Des choses tr\u00e8s quotidiennes peuvent prendre un tout autre regard avec le temps&nbsp;\u00bb<\/em>,&nbsp;rappelle V\u00e9ronique Fillieux archiviste de l\u2019UCLouvain.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin se pose la question de l\u2019archivage du travail de l\u2019archiviste lui-m\u00eame. A Namur, l\u2019\u00e9quipe a conserv\u00e9&nbsp;la mani\u00e8re dont elle a travaill\u00e9, documentant les r\u00e9unions, \u00e9changes de mails, ou questionnements divers. De la m\u00eame mani\u00e8re, la question se pose de savoir de quelle fa\u00e7on cette plateforme sera-t-elle archiv\u00e9e&nbsp;afin de montrer aux chercheurs du futur que les archivistes de 2020 pensaient \u00e0 eux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En conclusion<\/strong>, il est impressionnant de constater le travail fourni par chacun des archivistes, \u00e0 titre individuel, au cours de cette crise, tous passionn\u00e9s et conscients de l\u2019enjeu de conserver les traces du moment que nous traversons. Mais quel sentiment inqui\u00e9tant et vertigineux que de constater que la sauvegarde de ces traces ne d\u00e9pend QUE de ces volont\u00e9s individuelles&nbsp;! L\u2019AAFB salue le travail accompli par ses membres et incite une nouvelle fois les pouvoirs publics \u00e0 prendre la mesure de ces enjeux.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un bilan r\u00e9alis\u00e9 par Clara Beaudoux sous la coordination de Sarah Lessire et gr\u00e2ce \u00e0 la participation de toutes les \u00e9quipes des centres et services d\u2019archives du projet Archives de quarantaine, merci plus particuli\u00e8rement \u00e0 toutes celles et tous ceux cit\u00e9.e.s dans cet article.<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9e le 14 avril 2020 dans un moment particuli\u00e8rement in\u00e9dit qu\u2019\u00e9tait le premier confinement, l\u2019heure est venue d\u2019un premier bilan pour la plateforme Archives de quarantaine. <\/p>","protected":false},"author":30,"featured_media":3566,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[179,180,181,6,63,1],"tags":[],"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine.jpg",1246,498,false],"thumbnail":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-300x120.jpg",300,120,true],"medium_large":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-768x307.jpg",768,307,true],"large":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-1024x409.jpg",1024,409,true],"1536x1536":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine.jpg",1246,498,false],"2048x2048":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine.jpg",1246,498,false],"trp-custom-language-flag":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-18x7.jpg",18,7,true],"neve-blog":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-930x498.jpg",930,498,true],"audioigniter_cover":["https:\/\/archivesquarantainearchief.be\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Archivesdequarantaine-560x498.jpg",560,498,true]},"uagb_author_info":{"display_name":"AAFB","author_link":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/author\/cbeaudoux\/"},"uagb_comment_info":2,"uagb_excerpt":"Lanc\u00e9e le 14 avril 2020 dans un moment particuli\u00e8rement in\u00e9dit qu\u2019\u00e9tait le premier confinement, l\u2019heure est venue d\u2019un premier bilan pour la plateforme Archives de quarantaine.","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3540"}],"collection":[{"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3540"}],"version-history":[{"count":45,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3540\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3589,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3540\/revisions\/3589"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3566"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/archivesquarantainearchief.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}