Podcast #8 – Archives universitaires : “Pour la première fois, on avait un vrai temps d’arrêt, tous ensemble”‘

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Nous recevons dans ce podcast Véronique Fillieux de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), Renaud Bardez de l’Université libre de Bruxelles (ULB), et Larissa Folie de l’Université de Namur (UNamur). Lionel Vanvelthem revient avec chacun d’entre eux sur l’histoire et l’organisation de leurs services d’archives universitaires, la façon dont ils ont réagi à la pandémie, et sur ce qu’ils ont collecté pendant cette période si particulière.

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À partir de mars 2020, lors du premier confinement, les centres d’archives universitaires ont dû mettre en place de nouvelles procédures en termes de gestion du personnel, de cohésion d’équipe, de télétravail, d’inventaire, de gestion des fonds et collections mais aussi en matière d’aide à la recherche.

Pour moi le plus grand enjeu a été humain, la gestion du personnel, la gestion du personnel en télétravail, son organisation, tout cela pour moi a été dur et assez épuisant“, raconte Renaud Bardez, responsable du service Archives, patrimoine et réserve précieuse de l’ULB, dans ce podcast. On a cherché à “se réinventer dans notre manière de faire“, et cela techniquement d’abord puisqu’à l’ULB, lors du premier confinement, personne n’avait d’ordinateur portable alors qu’aujourd’hui tout le monde est équipé. Il n’y avait pas non plus de convention collective concernant le télétravail par exemple.

Du temps pour les inventaires et un esprit d’équipe renforcé

La période a été assez “costaud” et stressante au niveau des installations informatiques à domicile, confirme Larissa Folie, de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin de l’UNamur, évoquant également toute une phase d’accompagnement au changement, avec la mise en place et la prise en mains de Teams, outil qui va dorénavant continuer à être utilisé. Finalement cette crise aura quand même permis une prise de conscience de la thématique électronique au sein de l’université, “donc il y a quand même eu du positif dans cette période trouble“, ajoute-t-elle. Positif également le fait que les équipes du pôle patrimoine, quand elles sont revenues sur site, ont pu prendre le temps de se poser sur les inventaires, d’habitude laissés de côté face à des choses plus urgentes. Globalement cette période aura permis aux services de prendre davantage de temps sur des projets qui d’habitude en manquaient.

Selon Renaud Bardez, cette période a aussi permis de développer une esprit d’équipe et de cohésion beaucoup plus fort qu’il ne l’était avant. Les premiers mois de confinement ont permis aux équipes de réfléchir en commun : “Pour la première fois on avait un vrai temps d’arrêt, dans notre travail, et tous en même temps. Pas comme des périodes de vacances où les gens à des moments différents font un break pour ne plus penser au travail ; là on était tous arrêtés, on devait tous réfléchir en même temps, sur ce qu’on allait faire, comment on allait le faire et vers quoi on allait.

“C’est comme quand on dit qu’on rêverait d’avoir les conversations de café”

Les services d’archives universitaires ont également eu le souci de collecter les témoignages, récits, photos, traces de cette crise sanitaire, rejoignant l’initiative Archives de quarantaine. À l’UCLouvain, un appel a été lancé auprès de la communauté universitaire, comme l’explique Véronique Fillieux, archiviste aux Archives de l’UCLouvain, dans le podcast : “Tout ce qui est institutionnel, administratif, législatif, il y a des canaux officiels, par exemple au sein de l’université c’est évident que tout ce qui est discours du recteur, les consignes, les mesures prises, les aides qui ont été formalisées, vont être conservés (…) Mais tout ce qui est en dehors, tout ce qui révèle le vécu, le ressenti, la mémoire d’une situation spécifique, tout ça on risque de passer à côté, c’est comme quand on dit qu’on rêverait d’avoir les conversations de café“… Et puisque les évènements se déroulent actuellement sous nos yeux, les conversations de café sont bien là, mais qui pense à les enregistrer ?

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Du côté de l’ULB, la collecte n’a pas donné grand-chose, “un gros échec” indique Renaud Bardez, “ce qui montre que notre communauté est en attente d’autre chose“. L’initiative d’ULB Culture de créer un musée du confinement a beaucoup mieux fonctionné, peut-être comme un “exutoire créatif” de la communauté. Enfin, l’UNamur n’a pas encore lancé de projet de collecte mais envisage de le faire prochainement.

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